lundi 23 mars 2015

La grande noirceur


Nous sommes le 21 mars, le lendemain de OGOH-OGOH. Tout est mort. On pourrait entendre péter un chien. Ce calme et ce silence est presque surréaliste considérant toute l'activité de la journée précédente. Même les poulets qui nous cassent les oreilles tous les jours à partir de 04:00h du matin se la ferment.
On nous avait avertis. Tout est fermé le lendemain de OGOH-OGOH. Tous les commerces, tous les restos, tous les bouibouis et même les hôtels. Oui, les hôtels aussi. Les clients n'ont pas le droit de sortir de l'enceinte, pas le droit de se promener dans la rue, d'aller à la beach. La police patrouille la plage et les rues. Si on se fait pincer à ne pas respecter les consignes, faut payer l'amande. À notre hôtel, trois femmes se pointent à 08:00h, 12:00h et 17:30h pendant une heure pour faire la bouffe des clients. Entre ces périodes, c'est nada; il n'y a aucun personnel de l'hôtel sur place. 
Délinquant comme toujours, je sort dans la rue pour tirer quelques photos. Une à gauche, une à droite pour le chien qui se demande ce qui se passe, une autre à gauche et en me retournant, à cinquante pieds de moi un flic qui se rapproche. J'ai aucune idée d'où il a bien pu sortir. Je me pousse à la course vers l'hôtel. Il me suit. Je traverse par un chantier de construction. Il vient gosser après le portail de l'hôtel. J'entre dans la chambre de Claude et Marie. S'il m'a vu, il va penser que c'est Claude et je vais être OK. C'est lui qui va se faire embarquer :) Finalement, il s'éloigne. C'est du sérieux. Plus de niaiseries. Je range la caméra.
Après souper, l'électricité est coupée dans tout l'hôtel sauf pour les quatre chambres qui sont occupées. Le bain de minuit est à éviter alors ne reste plus qu'à jouer aux cartes. À 19:30h, il fait noir comme en enfer. Nous sommes assis autour d'une petite table éclairée par le plafonnier du balcon. Sans crier gare, sans faire aucun bruit, quatre policiers surgissent de la noirceur et nous entourent. Ça parle en Indonésien. On se lance des regards obliques. Il y en a un qui s'approche et qui commence à fermer les lumières des balcons jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'une toute petite. Ça se passe d'explications. Ils se retirent dans la noirceur comme ils sont arrivés.
Trente minutes plus tard, un bon coup aux cartes nous fait tous gueuler en même temps. Ça prends pas dix secondes que ce coup là c'est le proprio de l'hôtel qui se pointe et avec moulte salamalec nous demande de baisser le volume.
Ça finit de planter le clou et on s'en va tous se coucher. Il est 08:15 du soir. 


Avant la 'grande noirceur' nous avons pris soin de faire des provisions dans un frigo fourni spécialement pour l'occasion par l'hôtel


Rien d'autre à faire que de foirer à la piscine et picoler 

Rien sur la gauche

Rien sur la droite 

Rien dans la ruelle

Un chien teigneux qui se demande ou tout le monde a bien pu passer 

Fermé 

Fermé 

Quelque traces du passage de OGOH-OGOH

2 commentaires:

  1. Où est passé tout le monde? Enfermés chez eux?
    Bizarre comme coutume.
    Dans ces contrées lointaines, mieux vaut éviter d'avoir affaire à la police, ça peut tourner mal.
    Prudence...

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  2. J'ai demandé à une employée de l'hôtel ce qu'elle fait durant la journée. Elle m'a répondu qu'elle dormait. Je suis septique. Selon ce que j'en sais, c'est pas manger, pas boire, pas travailler, pas baiser, etc...

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